On me demande souvent comment ça se passe avec Simon, comment je vis tout ça.
Je vais tenter une réponse honnête, dénuée des "qu'en dira-t-on" et autres préjugés liés au diktat de la maman parfaite.
Il y a des hauts et des bas. En fait, je pense être une maman tout à fait ordinaire avec une petite pointe de culpabilité. Culpabilité d'avoir pris le risque de le contaminer. En effet, dans la nuit de vendredi à samedi, Simon pleurait beaucoup. Il avait de fortes coliques. A 39°C de fièvre, on l'a emmené aux urgences. Ma première pensée a été "c'est de ma faute". C'est de ma faute parce qu'il a été sous Retrovir et Epivir et que ça a provoqué une anémie. C'est de ma faute parce que cette anémie l'amène à prendre du fer, dont les effets indésirables sont les diarrhées.
Donc quand j'ai vu tout ses symptômes vendredi, j'ai pensé que c'était de ma faute.
A l'hôpital, j'ai beaucoup pleuré.
j'ai beaucoup pleuré quand je l'entendais hurler alors qu'on tentait à plusieurs reprises de lui poser un catéthère. J'ai pleuré à chaque prise de sang aussi. Et je ne vous parle pas de la ponction lombaire. Ces examens sont systématiques chez le nourrisson. Je souffrais terriblement et je suppliais les médecins d'arrêter. Ils ont même tenté une prise de sang au niveau du cou. Imaginez.
Verdict après avoir rendu les petits bras et mains de Simon tout bleus par les nombreux échecs de prise de sang, etc. : Une gastro-entérite.
Rien à voir avec le VIH ou le fer.
Après 2 jours à l'hôpital, j'en ai eu marre. Besoin de prendre l'air.
S'occuper de mon enfant 24h/24, c'était trop pour moi. Je n'avais plus la force de le veiller nuit et jour.
C'est juste que je suis une maman qui ne s'oublie pas. Mon enfant, seul, ne suffit pas à ma plénitude. Mais je ne culpabilise pas de ce sentiment, parce que je sais mon amour inconditionnelle; je sais que dès qu'il pose les yeux sur moi, qu'il sourit, qu'il gazouille, qu'il se love dans mes bras, mon cœur se remplit de plénitude, d'un bonheur infime.
Voilà.. je suis une maman ordinaire, qui aime profondément son fils, avec des hauts et des bas. Mais le fait que je m'accuse d'être la cause des maux de mon fils me fait dire que je resterai toujours dans la culpabilité d'avoir un jour cru aux boniments d'un homme qui m'a refilé ce putain de virus.
E.
mercredi 28 avril 2010
lundi 19 avril 2010
Rien, il n'y a rien
"Rien, il n'y a rien. Tout va bien"
Voici les quelques mots du médecin qui s'occupe de Simon.
"Rien, il n'y a rien. Tout va bien"
Voici comment elle m'apprend ça, entre 2 portes, pressée de partir.
"Rien, il n'y a rien. Tout va bien"
Voici sa réponse à "Et ses résultats par rapport au VIH ça donne quoi ?"
Et moi de verser une petite larme, Simon dans les bras, et Thomas en face de moi.
J'oublie la froideur de ce médecin déjà partie.
Mon fils n'a pas le virus... pour le moment.
Après demande d'information auprès de la sage femme, je comprends que le virus est bien présent au niveau des globules blanches mais quand on le recherche ailleurs, il n'y ai pas. Ce qui augure du meilleur quand il commencera à créer ses propres globules blanches. Mais je ne suis pas sûre d'avoir bien compris.
La suite dans 3 mois... mais pour le moment mon fils est séronégatif !
Voici les quelques mots du médecin qui s'occupe de Simon.
"Rien, il n'y a rien. Tout va bien"
Voici comment elle m'apprend ça, entre 2 portes, pressée de partir.
"Rien, il n'y a rien. Tout va bien"
Voici sa réponse à "Et ses résultats par rapport au VIH ça donne quoi ?"
Et moi de verser une petite larme, Simon dans les bras, et Thomas en face de moi.
J'oublie la froideur de ce médecin déjà partie.
Mon fils n'a pas le virus... pour le moment.
Après demande d'information auprès de la sage femme, je comprends que le virus est bien présent au niveau des globules blanches mais quand on le recherche ailleurs, il n'y ai pas. Ce qui augure du meilleur quand il commencera à créer ses propres globules blanches. Mais je ne suis pas sûre d'avoir bien compris.
La suite dans 3 mois... mais pour le moment mon fils est séronégatif !
mardi 6 avril 2010
Discussion
Discussion
Hier, je racontais à ma mère l'histoire d'une amie qui est tombée enceinte sans le vouloir.
Et voilà qu'elle s'emballe en me disant qu'elle ne comprend pas que les filles puissent tomber enceintes par accident de nos jours..."avec tous les moyens dont on dispose aujourd'hui..."
Ah bah oui... on a plein de moyens de contraception... tout le monde est au courant.
On a beau faire de la prévention, on continue quand même de tomber enceinte par accident, et de choper le sida !
Et là, ça me renvoie à ce que je vous disais il y a quelques mois : la prise de risque.
Ma mère monte sur ses grands chevaux, n'empêche que ça fait des années qu'on nous rabache partout que fumer c'est moche, que ça vous bousille et que ça vous tue... N'empêche qu'elle fume depuis plus de 30 ans...
La prise de risque.
On sait qu'on le prend, on est au courant de ce qui nous attend potentiellement... et pourtant...
Hier, je racontais à ma mère l'histoire d'une amie qui est tombée enceinte sans le vouloir.
Et voilà qu'elle s'emballe en me disant qu'elle ne comprend pas que les filles puissent tomber enceintes par accident de nos jours..."avec tous les moyens dont on dispose aujourd'hui..."
Ah bah oui... on a plein de moyens de contraception... tout le monde est au courant.
On a beau faire de la prévention, on continue quand même de tomber enceinte par accident, et de choper le sida !
Et là, ça me renvoie à ce que je vous disais il y a quelques mois : la prise de risque.
Ma mère monte sur ses grands chevaux, n'empêche que ça fait des années qu'on nous rabache partout que fumer c'est moche, que ça vous bousille et que ça vous tue... N'empêche qu'elle fume depuis plus de 30 ans...
La prise de risque.
On sait qu'on le prend, on est au courant de ce qui nous attend potentiellement... et pourtant...
jeudi 25 mars 2010
La douleur
Quand il a du mal à se calmer, qu'il refuse la tétine, caler dans mes bras, je lui offre mon auriculaire. ça l'apaise aussitôt.
Ainsi, je me fais prisonnière de mon enfant : un bras le portant, l'autre satisfaisant son désir de succion.
Je plonge alors dans une contemplation complétement béate de mon enfant blottit contre mon sein.
Je peux alors admirer ses minuscules organes : sa petite bouche, son petit nez, ses petits doigts, ses petits yeux clos...
Je repense à ce chemin parcouru... à ce début de mai 2008, la gorge douloureuse et la fièvre élevée, annonçant le début de la pneumocystose et de l'impossible révélation.
Je repense à ce 1er RDV avec l'infirmière : En pleurs, je lui annonçais que jamais je ne pourrai avoir d'enfant, que jamais je ne pourrais prendre le risque... et cet espoir qu'elle a fait naître.
Aujourd'hui, on lui a fait une prise de sang. L'aiguille plantée dans son petit bras. Je n'ai pas pu supporter.
Je suis sortie de la salle en pleurs. La douleur de lui infliger ça. Déjà qu'il pleure en prenant son traitement...
Je sais qu'il oubliera, que ce n'est rien, qu'il en verra d'autres...
Mais je crois que je suis une maman pleine d'empathie et d'amour, qui souffre de voir souffrir son enfant.
Le truc normal, en fait, non ?
Elisabeth.
PS : Je vous invite à lire ce billet du Dr Kpote...et tout son blog d'ailleurs. Il interpelle et nous questionne, entre autres, sur la connerie humaine et les préjugés.
Ainsi, je me fais prisonnière de mon enfant : un bras le portant, l'autre satisfaisant son désir de succion.
Je plonge alors dans une contemplation complétement béate de mon enfant blottit contre mon sein.
Je peux alors admirer ses minuscules organes : sa petite bouche, son petit nez, ses petits doigts, ses petits yeux clos...
Je repense à ce chemin parcouru... à ce début de mai 2008, la gorge douloureuse et la fièvre élevée, annonçant le début de la pneumocystose et de l'impossible révélation.
Je repense à ce 1er RDV avec l'infirmière : En pleurs, je lui annonçais que jamais je ne pourrai avoir d'enfant, que jamais je ne pourrais prendre le risque... et cet espoir qu'elle a fait naître.
Aujourd'hui, on lui a fait une prise de sang. L'aiguille plantée dans son petit bras. Je n'ai pas pu supporter.
Je suis sortie de la salle en pleurs. La douleur de lui infliger ça. Déjà qu'il pleure en prenant son traitement...
Je sais qu'il oubliera, que ce n'est rien, qu'il en verra d'autres...
Mais je crois que je suis une maman pleine d'empathie et d'amour, qui souffre de voir souffrir son enfant.
Le truc normal, en fait, non ?
Elisabeth.
PS : Je vous invite à lire ce billet du Dr Kpote...et tout son blog d'ailleurs. Il interpelle et nous questionne, entre autres, sur la connerie humaine et les préjugés.
lundi 15 mars 2010
La naissance
Et bien voilà... il est arrivé.
Un matin, très tôt.
Par voie basse.
J'étais sous Retrovir tout le long de l'accouchement.
Il y a 10 ans, j'aurai eu la césarienne d'office.
Je vous passe le bonheur de le sentir arriver, de se dire : "ça y est, il est là...tout s'est bien passé".
L'irréel devient réel.
Le soulagement.
La concrétisation de ce désir.
L'attente qui prend fin.
On a du mal à y croire.
Les sage-femmes l'ont même posé sur moi, le temps de couper le cordon.
Puis il a pris un 1er bain spécial.
Et puis un 2eme, celui que l'on donne ordinairement.
Il a très vite eu sa 1er dose de Rétrovir et d'Epivir.
Il est sous ce traitement pendant 4 semaines.
J'ai mal quand il râle pour avaler ses doses.
Je lui demande de me pardonner, je lui dis que c'est maman qui a déconné mais que c'est bientôt fini.
Pour le prénom, je souhaite garder l'anonymat. Donc on va l'appeler Simon.
Elisabeth, Thomas et Simon. Pourquoi pas ?
Comme le jeu de mémoire aux 4 couleurs.
Pour se souvenir, ne pas oublier ce parcours difficile, ni les femmes qui n'ont pas la chance d'être traitées comme je l'ai été.
Je suis une privilégiée.
Son statut virologique sera connu et sûr à 99% dans 3 mois.
Les médecins et moi ne doutons pas un instant qu'il sera négatif.
Je vous passe également les joies et les difficultés d'être une toute nouvelle maman : joie, fatigue, inquiétude, contemplation béate, doutes...
Il est là. C'est tout ce qui compte.
Une dernière chose : je vous ai dit que c'était le plus beau bébé de tout l'univers ?
Un matin, très tôt.
Par voie basse.
J'étais sous Retrovir tout le long de l'accouchement.
Il y a 10 ans, j'aurai eu la césarienne d'office.
Je vous passe le bonheur de le sentir arriver, de se dire : "ça y est, il est là...tout s'est bien passé".
L'irréel devient réel.
Le soulagement.
La concrétisation de ce désir.
L'attente qui prend fin.
On a du mal à y croire.
Les sage-femmes l'ont même posé sur moi, le temps de couper le cordon.
Puis il a pris un 1er bain spécial.
Et puis un 2eme, celui que l'on donne ordinairement.
Il a très vite eu sa 1er dose de Rétrovir et d'Epivir.
Il est sous ce traitement pendant 4 semaines.
J'ai mal quand il râle pour avaler ses doses.
Je lui demande de me pardonner, je lui dis que c'est maman qui a déconné mais que c'est bientôt fini.
Pour le prénom, je souhaite garder l'anonymat. Donc on va l'appeler Simon.
Elisabeth, Thomas et Simon. Pourquoi pas ?
Comme le jeu de mémoire aux 4 couleurs.
Pour se souvenir, ne pas oublier ce parcours difficile, ni les femmes qui n'ont pas la chance d'être traitées comme je l'ai été.
Je suis une privilégiée.
Son statut virologique sera connu et sûr à 99% dans 3 mois.
Les médecins et moi ne doutons pas un instant qu'il sera négatif.
Je vous passe également les joies et les difficultés d'être une toute nouvelle maman : joie, fatigue, inquiétude, contemplation béate, doutes...
Il est là. C'est tout ce qui compte.
Une dernière chose : je vous ai dit que c'était le plus beau bébé de tout l'univers ?
lundi 1 mars 2010
Sommaire et prolongations
Nous attendons toujours Nanard....
Il joue les prolongations. ça veut dire qu'il est bien dans mon ventre, non ?
C'est l'occasion pour moi de replonger dans mes écrits sur ce blog commencé fin 2008...
Voici donc quelques textes qui retracent un peu l'histoire de Nanard.
Je vous ai épargné les textes passés à pleurer...
* Quand j'ai appris ma séropositivité
* L'annonce à Thomas
* Pourquoi j'ai du attendre pour faire un enfant ?
* Changement de traitement
* Le GO GO des médecins
* La fécondation
* L'annonce
* Infos sur La transmission Mère/enfant
-01
-02
-03
Et sinon, il y a t-il un texte sur ce blog qui vous a plus marqué que les autres ?
Il joue les prolongations. ça veut dire qu'il est bien dans mon ventre, non ?
C'est l'occasion pour moi de replonger dans mes écrits sur ce blog commencé fin 2008...
Voici donc quelques textes qui retracent un peu l'histoire de Nanard.
Je vous ai épargné les textes passés à pleurer...
* Quand j'ai appris ma séropositivité
* L'annonce à Thomas
* Pourquoi j'ai du attendre pour faire un enfant ?
* Changement de traitement
* Le GO GO des médecins
* La fécondation
* L'annonce
* Infos sur La transmission Mère/enfant
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Et sinon, il y a t-il un texte sur ce blog qui vous a plus marqué que les autres ?
Libellés :
contamination,
enfant,
L'annonce,
réflexions
jeudi 18 février 2010
La blague du jour
C'est un homme atteint d'une grave maladie : un cancer généralisé.
Il sait qu'il n'en a plus pour longtemps.
Etrangement, il clame partout qu'il a le sida.
Il dit qu'il a le sida à sa famille, ses amis, tout le monde.
Un jour, son fils lui demande : "mais pourquoi tu dis partout que tu as le sida alors que tu as un cancer ?"
Et le père répond : "comme ça, quand je serai mort, personne n'ira baiser ta mère!"
///////////////////////////////
C'est moche ? Oui, c'est moche.
Et c'est un pote qui m'a envoyée cette blague.
No comment.
Il sait qu'il n'en a plus pour longtemps.
Etrangement, il clame partout qu'il a le sida.
Il dit qu'il a le sida à sa famille, ses amis, tout le monde.
Un jour, son fils lui demande : "mais pourquoi tu dis partout que tu as le sida alors que tu as un cancer ?"
Et le père répond : "comme ça, quand je serai mort, personne n'ira baiser ta mère!"
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C'est moche ? Oui, c'est moche.
Et c'est un pote qui m'a envoyée cette blague.
No comment.
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